Nous en avons
parcouru, de
merveilleux
jardins, lors de nos
périples dans les
pays du bassin
méditerranéen ou
en Asie… nos
esprits y ont
vagabondé, nous y
avons rêvé, mais
curieusement,
c’est tout à côté
de chez nous, en
Uzège, que nous
avons fait une
étonnante
découverte.
Nous
connaissions
l’existence
de ce jardin,
pourtant
ce n’est
qu’après
une rencontre
avec le
propriétaire du
« mas de Licon »
que nous avons
vraiment pénétré
dans cet
énigmatique
endroit :
« Le jardin
de la Noria ».
Se promener
dans ce domaine
par une douce
après-midi
d’automne
est une invitation
au rêve,
au bonheur.
Dans ce monde
enchanteur, nous
sommes bercés
par la mélodie
des eaux qui
courent entre
le bleu des
agapanthes et
la blancheur
des anémones …
Des fleurs
au calice
pourpre
et charnu
se sont
peu à peu
métamorphosées
en fruits
exotiques,
pulpe rouge
des grenades
dont la
saveur
acidulée
et aigrelette
nous renvoie
à des souvenirs
du paradis perdu !
Au fond
du jardin
des grenadiers,
d’un mur
de béton rosé,
s’écoule
une chute d’eau
jusqu’à
un bassin long
et étroit.
De l’autre
côté,
un kiosque
en bois
évoque
les pavillons
des miniatures
persanes.
Les parfums,
les odeurs fines et
suaves s’échappent
de ce lieu coloré.
Tout, dans ce
voisinage, nous
entraîne à la
songerie tendre et
mélancolique.
Une légère brise,
un murmure sourd
et vaporeux nous
proposent d’aller à
la rencontre des
chemins de poudre,
de pierre et de
terre, des chemins
d’eau et de fleurs…
Sur une éminence,
tel un monument,
une « machine
hydraulique », une
« pousaranque »
domine le clos.
Nous repensons à
ces viviers d’eau
fraîche que nous
avons vus le long de
la vallée du Nil,
dans ce paysage
biblique, où des
baudets meuvent
les norias afin
d’irriguer
les cultures
des palmeraies.
En
actionnant
manuellement
cette noria,
on fait
tourner
la roue
à godets
qui répand
l’eau
fraîche
dans un
plateau
puis
la déverse
dans une
auge
en pierre :
ce sont
des sortes
de seaux
en caoutchouc,
fabriqués
dans des pneus
usagés par
les artisans
des bazars
marocains,
ainsi s’écoule
une eau limpide,
source de vie en
osmose avec le
soleil, élément
essentiel
à la croissance
des plantes…
L’eau
longe
l’allée
des
cyprès
parfumée
de
seringas,
de
viornes,
d’arbres
de Judée
et continue
son
cheminement
dans
d’étroits
canaux,
puis dans
des rigoles
en cascade
jusqu’au cloître
des micocouliers,
où règne
une douceur
ensorcelante.
Les
feuilles
de ces
arbres
se reflètent
sur
la surface
ondulante
d’une eau
verdâtre.
Ici,
le maître
du domaine
est en
quête
d’un jardin
de paradis,
c’est une
passion,
la recherche
des traces
anciennes
d’une agriculture,
d’une
industrie
aujourd’hui
dépassée.
La
balade
nous
entraîne
jusqu’en
Andalousie,
dans
les jardins
du
Généralife
de
l’Alhambra
à Grenade
où
parmi
les grenadiers
de l’Alcazar
de Séville.
Mais ici,
la nostalgie
est vivifiée
par les
techniques
modernes,
l’utilisation
du béton :
murs
et rigoles
pour
l’écoulement
de l’eau,
bassins
et bancs pour
des instants
de repos et
de méditation,
on
rend
alors
hommage
au
jardinier
rocailleur
du
XIXe siècle,
Joseph Monier,
natif de
Saint
Quentin
la Poterie
et
inventeur
du ciment
armé.
Noria
se dit
pousaraque ou
pousaraco en
langue provençale
ou pousaranque
et pouzarenque
dans les
Cévennes.
Ce mot
est formé
des verbes
pousar : puiser
et rancar :
rendre, d’où
l’expression :
« qui puise
et qui rend ».
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